La lettre que j’aimerais recevoir

Chère Melissa,

Je t’écris cette lettre pour te dire que je ne suis pas mort. Je sais, c’est bizarre de te le dire comme ça, même la lettre en elle-même est insensée. Mais c’est la vérité, je suis toujours là, à quelque mètre de toi. Je ne peux pas te mentir, tu as toujours été ma nièce préférée, car l’amour que tu donnes aux personnes de ton entourage est exceptionnel. Avec toi, on voit tout en rose, avec toi, la vie semble plus facile. Tu me faisais oublier mes soucis qui me rattrapaient à grands pas. Je me sentais enfant auprès de toi, tu m’as laissé la chance de revivre ma jeunesse. Mais je ne t’écris pas pour que tu te souviennes de tout cela, puisque je sais que tous ces souvenirs sont en sécurités et que tu y penses à chaque instant. Je te connais par coeur. Je m’adresse à toi dans cette lettre, car tu as le droit d’avoir des explications concernant ma disparition. J’ai vraiment fait un accident de voiture, le 20 Novembre 2013. C’était la bonne occasion pour m’enfuir et laisser tous mes problèmes derrière. Donc, avant que la voiture ne prenne feux, je me suis enfuis et j’ai changé mon identité. J’avais trop de dettes. Comment ai-je pu inventé cette mort, le jour de ton anniversaire? Je crois que j’ai été trop égoïste ce jour-là. Voilà, sache que je suis prêt de toi, même si quelques kilomètres nous séparent… Je t’aime de tout mon coeur. Quand mes problème seront réglés je te promets de revenir, pour qu’on rattrape le temps perdu. Promets-moi une chose: quand je reviendrai, ne t’excuse pas pour ce que tu m’as dis au téléphone, la dernière fois qu’on s’est parlé. Je ne t’en veux pas, mon petit canaris!

PS: On jettera des oeufs sur les passants, comme au bon vieux temps. Tonton pense très fort à toi, t’aime et t’aimeras jusqu’à l’infini.

Tonton Haris.

 

Accent-frontières

Vous partez en vacances,

C’est la même langue quelle chance,

Vous voulez un café,

Vous allez commander,

Mais soudain le serveur,

Vous dit d’un air moqueur :

« Vous n’êtes pas d’ici ! »

Et puis il vous sourit,

Alors vous acquiescez,

« Laissez-moi deviner,

Vous êtes sûrement vaudois ! »

Vous ne répliquez pas,

Vous demandant comment,

Votre très bel accent,

Aurait pu vous trahir,

On dirait sans mentir,

Que votre chère partie,

Avec ses blablateries,

S’est laissée découvrir,

Vous dites avec soupir :

« Monsieur vous allez rire,

ça pourrait être pire,

Car en vous entendant,

Croyez-moi simplement,

Je préfère totalement

Le mien c’est évident ! »

Loïs

Oui ou non?

Vous savez ce moment de votre vie, où l’on commence à se demander qui on est?

Ce moment, lorsqu’on veut tester nos limites, voir jusqu’où on est capable d’aller…

Parfois, j’essaye de ne penser à rien, sauf que je pense à six mille choses; je me demande ce qui ferait de moi une personne meilleure, ou ce qui ferait de moi une personne juste bien.

Se remettre en question. Ça paraît si simple, et pourtant…

Des fois, je me demande comment je serais, si j’avais pris une seule décision différente; si j’avais dit un non au lieu d’un oui.

Suis-je la seule ?

Eva

Les souvenirs

Quand j’étais petite je me demandais pourquoi je ne me rappelais pas des moments vécus quand j’étais encore un petit bébé. Je faisais des efforts pour me rappeler, mais il n’y avait rien qui me venait à l’esprit. Chaque jour, quand je rentrais de l’école, je courais dans ma chambre et je me jetais sur mon lit. Je fermais mes petits yeux et j’essayais de penser à mon plus vieux souvenir. Comme il était beau ce souvenir! Mais il était très court, de plus en plus court … Et puis, un jour quand je rentrais à la maison, je me suis allongée sur mon lit comme d’habitude et je commençais à penser; mes émotions étaient différentes, j’avais un sentiment de vide épais en moi. Ma gorge brûlait comme jamais. Tout d’un coup, je me réveillais, avec ce vide dense en moi et je commençais à pleurer. Je pleurais et je pleurais… Je ne me rappelais plus de mon petit souvenir, mon doux et léger souvenir. Je commençais à me demander si ma mémoire était pleine. Est-ce que ce serait possible? J’avais la mémoire saturée?

Les jours passaient et je n’avais toujours pas réussi à me remémorer, j’étais triste et je ne souriais plus. Je n’avais plus envie de me jeter sur mon lit, ni de fermer mes petits yeux, j’étais une personne triste et sans imagination, j’avais la mémoire chargée…

Aroa et Joana

Le Journal d’Hugo (23)

Le vendredi 26 décembre 2014

La pire chose qui aurait pu m’arriver est arrivée. Heureusement pour moi, mon père était derrière moi pour me rattraper lors de ma chute. Elle, celle que je déteste le plus au monde vient d’arriver, ma mère! Avec papa, on ferme la porte à clé à toute vitesse puis on retourne à table sans rien dire. Elle sonne une deuxième fois, cette fois c’est grand-père qui lui ouvre, il ne l’a pas reconnue. Deux minutes plus tard, je ne sais pas ce qui s’est passé mais maman a réussi à entrer dans la maison et à venir s’incruster à table avec nous. Après une longue discussion entre papa et cette sorcière, ils se dirigent vers moi, papa avec une tête d’enterrement et maman a la tête d’une personne qui aurait gagné au loto. Bref, je sens que rien de bon ne va m’arriver. Papa commence par me remémorer tous les bons moments qu’on a passés ensemble et il en a les larmes aux yeux. Maman poursuit en disant que la vie n’était pas si mal chez elle. Elle ajoute qu’une petite désintoxication de jeux vidéos ne me ferait pas de mal, dit que le luxe n’est pas fait pour moi et conclut en parlant de ma prise de poids chez papa. Le résultat: je dois partir, retourner vivre avec maman sans Arthur, tout seul. Rien que le fait de partir m’horrifie, mais en plus sans mon frère, avec qui je vais pouvoir jouer à la play? Ah non… j’oubliais, chez maman il n’y a rien, juste une télé que j’ai le droit de regarder une fois par mois.

Et même si je ne m’entendais pas avec lui je voudrais qu’il vienne avec moi, pour qu’il n’y ait pas de traitement de faveur. On ne va pas se le cacher, vivre chez mon père ou chez ma mère ce n’est pas la même vie. Malheureusement, je crois que la mienne sera chez ma mère et pour en rajouter une couche, je pars demain matin à la première heure. Il ne me reste donc plus qu’une heure chez mon père. À minuit, ma mère m’appelle: « Hugo, mon petit chéri, viens voir maman, c’est l’heure du départ. » Je serre toute ma famille dans mes bras en espérant les revoir bientôt. Mon petit frère me dit en rigolant par désespoir: Ciao ciao Hugo!

 

P.S: Grand-papa m’a tout expliqué, c’est lui qui a invité maman, car il ne l’a pas reconnue et dit toujours que Noël est un moment convivial que l’on partage avec tout le monde, voilà la raison pour laquelle il l’a laissée entrer et venir manger avec nous. La bêtise de grand-père va me coûter cher!

 

Je n’en peux plus d’écrire tous mes problèmes sur un petit bout de papier, je crois que je ne m’en sortirai jamais, en fait je ne crois pas, j’en suis persuadé.

Le journal d’Hugo (22)

Tout d’abord, je vous présente mes excuses, de ne pas avoir écrit plus tôt, mais je n’avais rien à dire de très intéressant, aucun problème jusqu’à présent.

Aujourd’hui, c’est Noël. La fête que je préfère après mon anniversaire bien sûr. On le fête avec toute la famille de papa, c’est génial, je vais recevoir plein de cadeaux. Moi, je n’en n’offre qu’à papa, Arthur et Simon. En fait, c’est parce que ça fait beaucoup d’argent pour le petit budget que je possède, ce n’est pas que je suis radin mais…

Je n’ai jamais fêté Noël chez mon père sauf les trois premières années de ma vie, mais je ne m’en souviens pas. Je n’ai pas offert de cadeaux à Rudolph et Tressia, car nous ne sommes plus trop en contact. Les invités arrivent à onze heures et demie, on prend l’apéro, tout va bien grâce aux chips et au Rimuss. Je suis très content de revoir mes grands-parents, cela faisait très longtemps que je ne les avais pas vus. On passe à table, c’est l’heure de la dinde farcie avec les marrons chauds qui l’accompagnent, c’est ça qui est génial à Noël, on mange trop bien. À quatre heures, les bûches arrivent sur la table, une au chocolat et une à la fraise et, si on a encore faim, des boules de glace sont servies avec des beignets et de la crème chantilly (c’est l’idée à mon père). À cinq heures et demie, je reçois enfin mes cadeaux, j’ai reçu pas mal d’argent, sous forme de bons pour des vêtements, des jeux vidéos et en liquide. Il est dix heures passées, les invités sont toujours là et tout d’un coup, la sonnette retentit :

Ding-Dong. À mon Dieu, c’est le pire cadeau de Noël de ma vie…

Le journal d’Hugo (21)

Le vendredi 17 octobre 2014

Cela fait une semaine que je n’ai pas écrit parce qu’il n’y a rien à dire. Ma vie se passe bien, j’ai des amis, une PS4 et des petits-déjeuners de rêve tous les jours. J’écrivais mes journaux à cause de mes problèmes et des événements difficiles que j’ai vécus, car cela m’aidait. Désormais, je mène une vie moins solitaire et nos disputes familiales se sont apaisées. Voilà pourquoi, je n’ai plus besoin d’écrire de journal. J’espère que vous ne m’en voulez pas, vous, mes lecteurs imaginaires. Ne soyez pas fâchés de mon bonheur!

le journal d’Hugo (20)

Le jeudi 9 octobre 2014

Je me lève à sept heures, j’ai largement le temps de me préparer, car aujourd’hui, je commence les cours à huit heures vingt-cinq. Malgré que cela fasse trois jours que j’ai des déjeuners de rêves, je les apprécie tout autant. Je prends l’initiative de marcher jusqu’au collège, cela me prend cinq minutes. Je me rends compte que malgré le fait que hier j’ai été super bien accueilli, aujourd’hui, je suis tout seul dans la cour; au bout de trois minutes, je décide d’aller vers mes camarades. À la sonnerie, je vais à la place que m’a donnée ma maitresse de classe hier. Elle m’impressionne tout autant, par sa taille et sa largeur d’épaules, on dirait un rugbyman. Aujourd’hui j’engage directement la conversation avec Simon, je le trouve très gentil. Je rentre chez moi avec beaucoup d’autre personnes, on passe à la Coop, je prends un thé froid citron. Puis je rentre et je joue à la play avec mes copains…

Le journal d’Hugo (19)

Le mercredi 8 octobre 2014

Aujourd’hui, c’est mon premier jour d’école à Sion. Je me lève à sept heures et quart puis je mange le petit déjeuner. Papa nous amène au collège en voiture. Ça va faire bizarre d’arriver au cours de l’année, même si j’ai déjà vécu ça auparavant. J’espère que je serai mieux accueilli qu’à Lausanne. Arrivé là-bas, la maîtresse, une dame baraquée, grande presque de deux mètres, me place au fond de la classe à côté d’un certain Simon. Il ressemble énormément à Rudolph et j’espère qu’on va bien s’amuser. À la récréation, je suis entouré d’une foule d’élèves qui me posent des tas de questions. Je leur raconte l’histoire de ma mère et de Misha, ils n’avaient pas l’air de me croire. Dans tous les cas, ce premier jour s’est super bien passé et je connais déjà plein de gens. Pour demain, je n’ai pas de devoirs donc je passe la soirée devant la télé, le train-train quotidien de la vie à l’école recommence…

 

Le journal d’Hugo (18)

Mardi 7 octobre 2014

Aujourd’hui, vu que c’est le premier jour chez papa, je ne vais pas à l’école pour avoir le temps de m’habituer à Sion. Papa a pris congé pour s’occuper de nous.

Avec mon frère, on décide de tout lui raconter à propos des natels. Il trouve que ce n’est pas juste de nous les confisquer. Je lui ai aussi raconté la mission sauvetage de l’IPad mini.

Pour le petit-déjeuner, encore des viennoiseries. Durant la matinée, on fait une partie de FIFA, puis on va en ville. On passe à la Fnac; je pense qu’on y va pour racheter un téléphone portable (en tout cas, je l’espère). On se dirige au rayon pour prendre un Iphone 6 puis à celui des consoles de jeux où papa nous achète des jeux pour la PS4. On regarde les couvertures puis on en choisit deux chacun; moi, j’ai pris GTA V et Watch Dogs. Nous rentrons à la maison et papa dit: “Je pense qu’on devrait arrêter de jouer, trop d’écran pour aujourd’hui.” Le reste de la journée se passe à merveille…