Minuscule et capital


perec
Présentation
Se souvenir... Fermer les yeux, faire le vide et se laisser envahir par des images, des bruits voire des odeurs. Permettre aux souvenirs de remonter. Enlever le voile. Tout devient plus net. Puis mettre des mots sur ces sensations, choisir les mots, les organiser. Extraordinaire pouvoir de la mémoire, des mots et des images.

Anne Pavillard, printemps 2007

Réalisations des élèves de la classe Ei2:
Antonin, Benjamin, Coralie et Alexia
Jean-Daryl, Jenny et Jessica
Justine, Melissa, Nicolas et Virginie

En général, il y avait entre un quart d’heure et trois quarts d’heure de flottement, de recherche complètement vague avant qu’un des souvenirs ne surgisse... Je crois qu’il y a quelque chose de l‘ordre de la méditation, une volonté de faire le vide... faire ressortir un événement minuscule et en même temps capital!... Et puis au moment où l’on sort le souvenir, on a vraiment l’impression de l’arracher d’un lieu où il était pour toujours. De toute façon, je sais que si je classe, si j’inventorie, quelque part, ailleurs, il y aura des événements qui vont intervenir et brouiller cet ordre. Tout le travail de l’écriture se fait toujours par rapport à une chose qui n’est plus, qui peut se figer un instant dans l’écriture, comme une trace, mais qui a disparu.

G. Perec, “Le travail de la mémoire”

in Entretiens et conférences, volume II 1978-1981, Joseph K, Paris 2003