Certainement lépreux
29 octobre 2009
Je me trouvais à une centaine de kilomètres de Calcutta. Ce jour-là, le marché battait son plein et je marchais tranquillement parmi la foule.
Soudain j'aperçus un homme qui attira mon attention. Il était couché sur le sol peu propre. Cet individu, cheveux en pagaille sombres comme les plumes d’un corbeau, visage marqué, yeux tristes et corps affaibli se trouvait devant moi. Une seule femme avec des habits colorés lui avait montré un signe de compassion, de pitié, de miséricorde. Les passants avaient paru très distants. Cet homme sans chaussures, certainement lépreux, n’était ni recouvert d’une tunique, ni même d’une chemise mais tout simplement d’un vulgaire bout de tissu décoloré enroulé autour de sa taille. A ses pieds, on pouvait distinguer une couverture pliée contenant des grains de riz. Il n’aurait souhaité qu’une chose: un minimum d’attention, une pièce de monnaie ou encore un peu de riz... mais les gens n’osaient pas venir à lui.
J’étais tellement bouleversée que j’en oubliais la réalité. Je m’approchai de lui, lui donnai une pièce de monnaie et m’en allai en pleurant.
Anouck Fonjallaz et Lorena Lombardo
Rencontre avec les bibliothécaires
Jeudi passé, nous sommes allés à la nouvelle bibliothèque et nous avons eu des explications sur son passé et son futur. (Adrien)
L’accueil fut sobre et court. Par la suite, nous nous dirigeâmes vers une pièce annexe de celle de l’entrée où s’est passé l’accueil. Une fois installés, ... nous nous tûmes et ouvrîmes grand nos oreilles afin d’écouter les deux jeunes femmes. (Timothée)
Quand je suis entrée dans le local, il faisait très lumineux, car un bout de plafond est vitré, ce qui fait passer la lumière du dehors... (Marianne)
Quand je suis entrée, j’ai vu un sol gris, des étagères grises et quelques livres par-ci par-là. (Marie)
(Hélène)
Il a fallu plus de 10 ans pour que cette bibliothèque se construise. (Kilien)
A gauche des rayons, quelques fauteuils et une petite table basse étaient là, immobiles, comme s’ils n’attendaient plus que nous. (Marianne)
L’école, la commune et le canton de Vaud ont discuté longuement... pour savoir où construire la bibliothèque, comment la construire... (Robin)
A ma droite depuis l’entrée se dressait fièrement un bureau d’accueil, Sur le bureau un ordinateur exactement comme ceux que nous utilisons en informatique, un téléphone. (Marianne)
C’est une médiathèque, scolaire et communale. (Najla)
Des voix s’élevaient depuis derrière le bureau; une jeune femme blonde téléphonait. Elle avait les joues rouges, ce qui me confirma qu’il faisait depuis un moment une chaleur presque estivale. (Marianne)
La médiathèque, la nouvelle « attraction » de l’école du Mont...
A quoi sert une médiathèque?... A enrichir notre culture, se détendre, s’amuser et donner envie de lire. (Gaël)
Soudain, une autre femme menue et de chevelure brune arriva et avec sa collègue – qui avait raccroché – nous conduisirent dans une petite salle. (Marianne)
Les bibliothécaires se nomment Murielle et Fanny. (Mafalda)
Au fond, des bibliothèques en bois posées contre le mur nous faisaient face avec leurs quelques livres soigneusement rangés. (Marianne)
A la base, aucune des deux n’était formée pour être bibliothécaire, mais leur passion, lire... (Timothée)
Elles sont très fans des livres. (Nolwenn)
Murielle nous a parlé de l’UNESCO. (Anonyme)
Elles ont fait un programme de ce qu’elles doivent faire. (Christopher)
Jusqu’en février 2010. (Matthieu)

Pour se donner des idées et des astuces, Murielle a visité beaucoup de bibliothèques. (Mathilde)
Puis Fanny est arrivée. (Céliane)
Ce local sentait le neuf. Il sentait la moquette fraîchement posées, les livres, le bois et le métal. (Marianne)
Elles ont déménagé les livres de Croqu'Bouquins. (Mark)
Après tout ça il a fallu faire un tri. Les trop vieux, en mauvais état, direction poubelle, refourrer si besoin. (Camille)
Il y a beaucoup d’argent en jeu et il faut gérer tout ça. (Mathilde)
Ce qui prend le plus de temps, c’est de commander et de préparer les livres. Les bibliothécaires collent des vignettes de couleur sur la tranche des livres pour indiquer la catégorie d’âge. (Sophie)
Pour le moment la médiathèque est ouverte aux plus petits; les 7, 8 et 9 pourront accéder à la bibliothèque en février. (Mathilde)
Comment ranger tous ces futurs livres sur 300 mètres linéaires. (Marie)
Documents ou livres, on ne pourra jamais tous les lire. (Lucas)
La médiathèque ouvre tous les lundis de 14 heures à 15 heures 30. (Cléa)
Certains n’aiment pas lire, alors les bibliothécaires sont là pour nous « donner envie de lire ». (Tiffany)
Nous sommes sortis de la salle et sommes remontés l’escalier. Nous avons essyé les fauteuils et feuilleté les livres et les BD pendant quelques courtes minutes. Nous sommes ressortis de la médiathèque et n’attendions plus qu’une seule chose: y revenir! (Marianne)
Vivons-nous dans une boîte?
Penser / classer

La vérité, c’est que je ne peux pas me rappeler un temps où je ne vivais pas entouré de ma bibliothèque. A six ou sept ans, j’avais assemblé dans ma chambre une Alexandrie minuscule, une centaines de livres de formats divers sur toutes sortes de sujets. Par simple goût du changement, j’en modifiais sans cesse la disposition. Je décidais, par exemple, de les ranger par tailles, de sorte que chaque étagère ne contînt que des volumes de même hauteur. Je devais découvrir bien plus tard que j’avais un prédécesseur illustre, Samuel Pepys qui, au XVIIe siècle, avait pourvu ses livres les moins hauts de petits talons, afin que tous leurs dos forment, au-dessus une belle ligne horizontale. Je rangeais d’abord sur le rayon du bas les grands albums illustrés: une édition allemande de Di Welt, in der wir leben, avec des illustrations détaillées du monde sous-marin et de la vie dans un sous-bois en automne (aujourd’hui encore, je revois parfaitement les poissons irisés et les insectes monstrueux), un recueil d’histoires de chats (dont une phrase me reste en mémoire: Cats’names and cats’faces / are often seen in public places*), plusieurs titres de Constancio C. Virgil (un auteur argentin de littérature enfantine qui était aussi en secret collectionneur d’oeuvres pornographiques), un livre de contes et de poésies de Margaret Wise Brown (où figurait l’histoire terrifiante d’un garçon abandonné successivement par les règnes animal, végétal et minéral) et un vieil exemplaire très aimé du Struwwelpeter de Heinrich Hoffmann dans lequel j’évitais avec soin l’image où un tailleur coupait les pouces d’un gamin à l’aide d’une gigantesque paire de ciseaux. Ensuite venaient mes livres aux formats variés: volumes isolés de contes populaires, quelques albums dépliants sur des animaux, un atlas déglingué que j’étudiais attentivement, tentant de découvrir de microscopiques habitants dans les villes minuscules éparpillées d’un bout à l’autre des continents. Sur une étagère distincte, je groupais ce que j’appelais mes livres à format normal: les “Rainbow Classics“ de May Lamberton Becker, les histoire de pirates d’Emilio Salgari,, une Enfance de peintres célèbres en deux volumes, la Bomba Saga de Roy Rockwood, les éditions complètes des contes de Grimm et d’Andersen, les romans pour enfants du grand auteur brésilien Monteiro Lobato, le livre affreusement sentimental d’Edmundo de Amicis, Cuore, plein de marmots héroïques et endurants. Une étagère entière était consacrée aux nombreux volumes reliés en carton frappé bleu et rouge d’une encyclopédie en langue espagnole, El Tesoro de la Juventud. mes “Golden Books“, un peu plus petits, se trouvaient sur une étagère inférieure. Les Beatrix Potter et un recueil de récits allemands tirés des Mille et Une Nuits constituaient la dernière et minuscule section.
Mais parfois, cet ordre ne me satisfaisait pas et je réorganisais les livres par sujets: les contes de fées sur une étagère, les récits d’aventures sur une autre, les ouvrages scientifiques et relations de voyages sur une autre, la poésie sur une quatrième, les biographies sur une cinquième. Et parfois, juste pour varier, je groupais mes livres par langues, ou par couleurs, ou en fonction de mon attachement envers eux. Au Ier siècle avant notre ère, Pline le Jeune décrivait les joies de sa maison de campagne et, notamment, une pièce ensoleillée où “un mur est garni d’étagères comme une bibliothèque où ranger les livres que je lis et relis“. J’ai pensé parfois à me constituer une bibliothèque qui ne comporterait que mes volumes les plus manipulés.
Et puis des groupes se formaient dans les groupes. Ainsi que je l’apprenais alors, sans pouvoir l’exprimer avant longtemps encore, l’ordre engendre l’ordre. Sitôt établie, une catégorie en suggère ou en impose d’autres, si bien qu’aucune méthode de catalogage, sur étagères ou sur papier, n’est jamais close. Si je décide d’un certain nombre de sujets, chacun de ceux-ci exigera une classification à l’intérieur de sa classification. A un certain degré de rangement, par fatigue, ennui ou découragement, j’arrêterai cette progression géométrique. Mais la possibilité de continuer est toujours là. Il n’existe pas de catégories ultimes dans une bibliothèque.
* «On voit souvent dans les lieux publics des noms de chats et leurs visages. » (N.d.T.)
Alberto Manguel, La Bibliothèque, la nuit,
Actes Sud, Arles, 2009 (pour la traduction)
Inauguration
C’est parti pour de bon! La bibliothèque du Mont-sur-Lausanne – devenue médiathèque – a ouvert ses portes pour la première fois au public cet après-midi à la fin des cours. Nos deux bibliothécaires, Murielle Reynolds et Fanny Vuadens n’ont pas chômé, des inscriptions déjà, des emprunts, des sourires pour un événement dont on pèsera bientôt toute l’importance pour notre commune et notre établissement scolaire.
La rédaction
Je n’y retournerai pas

Chaque année, pendant les vacances d'été, j'allais en Finlande. Malheureusement, je n'y suis pas retourné cette année. Plein de choses m’ont manqué. Par exemple, aller dans le sauna et sauter dans le lac qui se trouve juste à côté, faire aamu-uinti et ilta-uinti (les bains du matin et du soir), mais ce qui va me manquer le plus, c'est la bonne réglisse salée.
Stéphane Rossinelli
Surprise

Les parents de trois petites filles, annoncent que si elles se préparent bien pour aller au lit, elles auront droit à une surprise… !
Les deux plus âgées de cinq ans et trois ans sont motivées. Elles se brossent les dents, se mettent en pyjama, se lavent… et tout cela sans crise !
Les parents satisfaits convoquent les filles dans leur salon pour leur annoncer la surprise.
Le papa : - Eh bien… Maman va avoir un quatrième bébé !
La grande fille saute de joie, mais celle de trois ans n’a pas l’air satisfaite et s’écrie toute déçue :
- Moi, je croyais au moins que la surprise c’était à manger !
Et elle boude un petit moment…
Anouck Fonjallaz
Jean Follain

(1903- 1971)
L'ordre
L'écolier qui balayait la salle
à tour de rôle était choisi
alors il restait seul
dans la crayeuse poussière
près de la carte du monde
que la nuit refroidissait
quelquefois il s'arrêtait, s'asseyait
posant son coude sur la table aux entailles
inscrit dans l'ordre universel.
Jean Follain, Exister
Poésie, Gallimard, 2003 (première édition : 1943)
Le Piou codé !

Nous avons de la chance de vivre dans une région où il est encore possible d’entendre les oiseaux dès l’aurore jusqu’au coucher du soleil ? Cette musique vous plaît-elle ou au contraire vous agace-t-elle ?
Moi personnellement je trouve que le chant des oiseaux sonne la liberté. Je trouve dommage que les oiseaux ne parlent pas le même langage que nous. De plus, nous ne pouvons pas interpréter leurs messages alors qu’en écoutant bien, nous avons l’impression qu’il y a des rythmes multiples et des tonalités reprises plusieurs fois.
Je vous propose donc un message codé en morse qui nous met un peu dans la même situation…
Vous ne trouvez pas drôle que nous - humains - qui avons un langage, inventons d’autres langages. Comme les oiseaux nous parlons une langue connue de peu de personnes. Les sons que produisent ces oiseaux sont pour moi un grand mystère. Je trouve ceci fort intéressant, un si petit peuple qui nous cache tant de mystère.
PS :
un / signifie la fin d’une lettre
un // signifie la fin d’un mot
Voici une clé morse qui vous permettra de découvrir les phrases cachées.

Timoté Vaucher
La piscine

Par une belle journée d’été, chaude et sèche, nous sommes partis pour la piscine «Fleur de Lys». Etonnamment il n’y avait presque personne. Avec mon cousin, nous avons joué à «feuille caillou ciseau». Le perdant devait descendre une marche dans l’eau et ainsi de suite. Le premier tout en bas devait mettre tous son corps sous l’eau. À chaque fois, j’ai perdu. Mais peu importe, il n’y a rien de plus mieux, dans une journée pareille, que de se rafraîchir dans l’eau.
Patrick
Quel monde étrange: l'école!

(1878 1956)
Dans certaines disciplines j'étais du reste très bon élève, mais cela me faisait toujours honte de passer pour modèle et souvent je faisais carrément exprès d'avoir de mauvaises notes. Mon instinct me disait que tous ceux que je dépasserais pourraient me détester et je tenais à être bien vu. Je craignais comme un malheur d'être haï de mes camarades. Dans notre classe la mode était de mépriser le zèle et c'est pourquoi il n'était pas rare que des élèves doués et intelligents par mesure de prudence prissent l'air d'ignorants. Cette conduite, quand on l'avait remarquée, faisait grand effet parmi nous et elle avait, il faut le dire, quelque chose d'héroïque, même si c'était de l'héroïsme mal compris. Faire l'objet d'une distinction de la part d'un professeur exposait donc au danger d'être méprisé. Quel monde étrange: l'école! Dans l'une des petites classes je me souviens d'un camarade, un gringalet avec un visage pointu couvert de taches de rousseur dont le père était vannier, un homme toujours saoul et que tout le monde connaissait. On obligeait régulièrement le gamin sous les huées de toute la classe à prononcer le mot "schnaps" qu'il n'arrivait pas à dire correctement et qui devenait "snaps" à cause d'un malheureux défaut de prononciation. Comme cela nous faisait rire! Et quand j'y pense maintenant: quelle cruauté dans tout cela!Un autre, un certain Bill, un petit bonhomme d'allure comique, arrivait toujours en retard à l'école parce que ses parents habitaient loin de la ville dans une maison isolée en pleine montagne. Le retardataire devait chaque fois expier son retard en tendant la main pour y recevoir un coup sec donné avec une canne de bambou. La douleur pareille à celle d'une morsure faisait chaque fois jaillir les larmes dans les yeux du petit garçon. Quelle excitation provoquait en nous l'attente de cette punition! Je souligne à part cela que je ne veux ici accuser personne, pas même le maître en question, comme on serait peut-être tenté de le croire, je ne fais que rapporter ce que je sais encore de cette époque.
Robert Walser, Les Enfants Tanner
Première édition:1907, traduction: Gallimard,1985, page 106
Vacances en Sicile

Bientôt, je partirai en Sicile et pour l’instant je rêve sur mon petit nuage.
Voilà comment se passent mes journées en Sicile: le matin, pas besoin de se lever tôt, je peux faire la grasse matinée. Ensuite, je n’ai pas besoin de me casser la tête pour choisir un habit puisque le temps est toujours au beau fixe! Plus tard, je vais manger une bonne granita sicilienne avec sa brioche bien chaude. Un vrai délice ! Après, direction la mer bleue, le sable blanc et tout ce qui va avec. N’est-ce pas magnifique? Le soir, je sors toujours avec des amis, soit pour manger une pizza, faire une promenade ou m’acheter une glace (stracciatella et zuppa-inglese, les meilleures).
C’est tout simplement génial! Mais le samedi, changement de programme: c’est jour de marché et j’adore l’ambiance, les odeurs et la vente à la criée…
Vivement ce moment et bonnes vacances à tous!
Lorena Lombardo
PS
Voici la chanson « Sicilia bedda» chantée en dialecte sicilien avec de belles images… C’est l’histoire d’un sicilien qui part chercher fortune en Amérique mais, nostalgique de sa Sicile, il rêve d’y retourner pour ne plus jamais repartir.



