Amélie
30 mars 2009

La Rédaction
Elle s'appelait Amélie. Une très jolie jeune fille aux beaux yeux bleus et aux longs cheveux bruns. Elle vivait avec son beau-père, sa mère et ses trois frères en banlieue parisienne. Elle avait tout pour elle, elle était jolie, sympa, drôle, populaire et elle sortait avec le mec le plus beau de tout le lycée. Je l'aimais plus que tout et jamais je ne lui aurais fait du mal. Je tenais tellement à elle...
Aujourd'hui, aux yeux de tout le monde elle est morte, mais à mes yeux elle est encore là, auprès de moi comme elle l'a toujours été. On était inséparable! Lorsque nous étions petites, on nous surnommait les siamoises parce que l'on était toujours ensemble. On se connaissait par coeur. Tous les soirs, en repensant à elle, je pleure parce que je sais que je ne trouverai jamais plus une personne comme elle, si gentille, si drôle ... Chaque soir je me pose la question: "Trouves-tu normal qu'elle soit morte si jeune et dans de telles circonstances?" Cette question, je me la repose chaque jour. Une voix me dit qu'elle doit être bien là-haut, avec son papa qui est parti peu de temps avant elle.
Cela fait depuis bientôt deux ans que je porte le deuil. Je me souviendrai toujours de cette date, c'était un mardi, le mardi 23 novembre 2004 plus précisément, une sale journée comme on le dit, il faisait sombre, il n'y avait personne dans la rue et il pleuvait. Avec Amélie, on avait décidé de prendre un raccourci ce jour-là. C'était une ruelle sombre, crade et mal fréquentée, fréquentée par des gens qui vendaient des choses pas très catholiques et par des jeunes demoiselles qui ne pratiquaient pas toujours des choses très orthodoxes. Il était 17 heures, je m'en souviens, je stressais tellement que je regardais ma montre toutes les secondes.
On entendait l'écho de nos pas dans les flaques d'eau. Nous ne nous étions pas rendu compte que ce n'était pas un endroit pour nous et que ce n'était pas trop une heure pour sortir. Mais bon... sur le coup nous ne songions pas aux risques alors que nous n'avions que treize ans.
On s'est dit finalement qu'il fallait rentrer et nous avons fait demi-tour. Nous sommes arrivées devant un passage piéton. Par mégarde nous n'avons pas regardé en traversant et nous nous sommes fait percuter par une voiture.
Le conducteur était Christian, mon beau-père qui nous cherchait depuis que nous avions fini l'école parce qu'il se faisait du souci. J'ai été éjectée à dix mètres du véhicule, Amélie est restée à raz les roues de la voitures. Sa tête a cogné le capot. Amélie s'est retrouvée là, étendue sur la route, inconsciente et inerte.
Je m'étais rendu compte que je ne pouvais plus bouger les jambes. Alors j'ai rampé jusqu'à elle en criant "Amélie! Amélie!...". A plusieurs reprises. Je suis enfin arrivée à elle et je l'ai secouée en pleurant. La police est arrivée, alertée par une vieille dame qui promenait son chien et qui avait été témoin de l'accident. J'ai posé ma tête pleine de sang sur sa poitrine et me suis mise à pleurer, pleurer à en crever parce que je venais de perdre ce que j'avais de plus cher au monde, ma meilleure amie.
Aujourd'hui j'ai vraiment tout perdu, ma meilleure amie d'enfance et les sensations de la marche. Car depuis le mardi 23 novembre 2004, je suis une des personnes que l'on appelle paraplégique, handicapée et invalide. Après ma soi-disante rééducation, qui à vrai dire ne me sert pas à grand chose, j'ai perdu toute confiance en moi. Mais je me suis promis de rester plus fidèle que je ne l'ai jamais été: je vais au cimetière au pied de sa tombe si bien décorée, tous les jours. Je l'aimais énormément ma petite Amélie, et je l'aime toujours d'ailleurs. Si un jour j'arrêtais d'aller sur sa tombe pour lui parler, je pense que je ne me le pardonnerais jamais.
On dit toujours: une personne de perdue, dix de retrouvées. Mais le problème, c'est qu'une personne comme Amélie, ça ne se trouve pas et ça ne se trouvera jamais dans tous les coins de rue.

La Rédaction
Elle s'appelait Amélie. Une très jolie jeune fille aux beaux yeux bleus et aux longs cheveux bruns. Elle vivait avec son beau-père, sa mère et ses trois frères en banlieue parisienne. Elle avait tout pour elle, elle était jolie, sympa, drôle, populaire et elle sortait avec le mec le plus beau de tout le lycée. Je l'aimais plus que tout et jamais je ne lui aurais fait du mal. Je tenais tellement à elle...
Aujourd'hui, aux yeux de tout le monde elle est morte, mais à mes yeux elle est encore là, auprès de moi comme elle l'a toujours été. On était inséparable! Lorsque nous étions petites, on nous surnommait les siamoises parce que l'on était toujours ensemble. On se connaissait par coeur. Tous les soirs, en repensant à elle, je pleure parce que je sais que je ne trouverai jamais plus une personne comme elle, si gentille, si drôle ... Chaque soir je me pose la question: "Trouves-tu normal qu'elle soit morte si jeune et dans de telles circonstances?" Cette question, je me la repose chaque jour. Une voix me dit qu'elle doit être bien là-haut, avec son papa qui est parti peu de temps avant elle.
Cela fait depuis bientôt deux ans que je porte le deuil. Je me souviendrai toujours de cette date, c'était un mardi, le mardi 23 novembre 2004 plus précisément, une sale journée comme on le dit, il faisait sombre, il n'y avait personne dans la rue et il pleuvait. Avec Amélie, on avait décidé de prendre un raccourci ce jour-là. C'était une ruelle sombre, crade et mal fréquentée, fréquentée par des gens qui vendaient des choses pas très catholiques et par des jeunes demoiselles qui ne pratiquaient pas toujours des choses très orthodoxes. Il était 17 heures, je m'en souviens, je stressais tellement que je regardais ma montre toutes les secondes.
On entendait l'écho de nos pas dans les flaques d'eau. Nous ne nous étions pas rendu compte que ce n'était pas un endroit pour nous et que ce n'était pas trop une heure pour sortir. Mais bon... sur le coup nous ne songions pas aux risques alors que nous n'avions que treize ans.
On s'est dit finalement qu'il fallait rentrer et nous avons fait demi-tour. Nous sommes arrivées devant un passage piéton. Par mégarde nous n'avons pas regardé en traversant et nous nous sommes fait percuter par une voiture.
Le conducteur était Christian, mon beau-père qui nous cherchait depuis que nous avions fini l'école parce qu'il se faisait du souci. J'ai été éjectée à dix mètres du véhicule, Amélie est restée à raz les roues de la voitures. Sa tête a cogné le capot. Amélie s'est retrouvée là, étendue sur la route, inconsciente et inerte.
Je m'étais rendu compte que je ne pouvais plus bouger les jambes. Alors j'ai rampé jusqu'à elle en criant "Amélie! Amélie!...". A plusieurs reprises. Je suis enfin arrivée à elle et je l'ai secouée en pleurant. La police est arrivée, alertée par une vieille dame qui promenait son chien et qui avait été témoin de l'accident. J'ai posé ma tête pleine de sang sur sa poitrine et me suis mise à pleurer, pleurer à en crever parce que je venais de perdre ce que j'avais de plus cher au monde, ma meilleure amie.
Aujourd'hui j'ai vraiment tout perdu, ma meilleure amie d'enfance et les sensations de la marche. Car depuis le mardi 23 novembre 2004, je suis une des personnes que l'on appelle paraplégique, handicapée et invalide. Après ma soi-disante rééducation, qui à vrai dire ne me sert pas à grand chose, j'ai perdu toute confiance en moi. Mais je me suis promis de rester plus fidèle que je ne l'ai jamais été: je vais au cimetière au pied de sa tombe si bien décorée, tous les jours. Je l'aimais énormément ma petite Amélie, et je l'aime toujours d'ailleurs. Si un jour j'arrêtais d'aller sur sa tombe pour lui parler, je pense que je ne me le pardonnerais jamais.
On dit toujours: une personne de perdue, dix de retrouvées. Mais le problème, c'est qu'une personne comme Amélie, ça ne se trouve pas et ça ne se trouvera jamais dans tous les coins de rue.
Zamzam Maxamuud (7G1)


