Certainement lépreux
29 octobre 2009
Je me trouvais à une centaine de kilomètres de Calcutta. Ce jour-là, le marché battait son plein et je marchais tranquillement parmi la foule.
Soudain j'aperçus un homme qui attira mon attention. Il était couché sur le sol peu propre. Cet individu, cheveux en pagaille sombres comme les plumes d’un corbeau, visage marqué, yeux tristes et corps affaibli se trouvait devant moi. Une seule femme avec des habits colorés lui avait montré un signe de compassion, de pitié, de miséricorde. Les passants avaient paru très distants. Cet homme sans chaussures, certainement lépreux, n’était ni recouvert d’une tunique, ni même d’une chemise mais tout simplement d’un vulgaire bout de tissu décoloré enroulé autour de sa taille. A ses pieds, on pouvait distinguer une couverture pliée contenant des grains de riz. Il n’aurait souhaité qu’une chose: un minimum d’attention, une pièce de monnaie ou encore un peu de riz... mais les gens n’osaient pas venir à lui.
J’étais tellement bouleversée que j’en oubliais la réalité. Je m’approchai de lui, lui donnai une pièce de monnaie et m’en allai en pleurant.
Anouck Fonjallaz et Lorena Lombardo


