Vian, Hugo, Eluard,...

Les élèves de la 8G2 de Madame Cendrine Righetti proposent sur leur blog des textes - des poèmes - qui trouvent leur origine et leur sens dans ceux de quelques immenses écrivains, Paul Eluard, Boris Vian,... et Victor Hugo qui écrit en 1856 dans le texte qui ouvre les Contemplations:
L’auteur a laissé, pour ainsi dire, ce livre se faire en lui. La vie, en filtrant goutte à goutte à travers les événements et les souffrances, l’a déposé dans son cœur. Ceux qui s’y pencheront retrouveront leur propre image dans cette eau profonde et triste, qui s’est lentement amassée là, au fond d’une âme...
Est-ce donc la vie d’un homme ? Oui, et la vie des autres hommes aussi. Nul de nous n’a l’honneur d’avoir une vie qui soir à lui. Ma vie est la vôtre, votre vie est la mienne, vous vivez ce que je vis ; la destinée est une. Prenez donc ce miroir, et regardez-vous-y. On se plaint quelquefois des écrivains qui disent moi. Parlez-nous de nous, leur crie-t-on. Hélas ! Quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas ? Ah ! Insensé, qui crois que je ne suis pas toi !
Eric, Ana, Séverine, Jade et les autres se sont inspirés notamment de Demain, dès l'aube. Il s'agit du quatorzième poème du Livre quatrième - Pauca meae - des Contemplations. Un homme seul, inconnu, le dos courbé s'en va fleurir la tombe d'un être cher. Cet homme qui marche, sans rien voir au dehors - l'or du soir qui tombe, les voiles au loin - c'est le poète, et cet être cher vers lequel il franchit les forêts et les montagnes c'est Léopoldine, sa fille morte tragiquement quatre ans auparavant, noyée dans la Seine...
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
Ecoutez ici l'interprétation qu'en donne André Falcon, acteur et comédien français.
Et là celle qu'en donne Daniel Pompougnac.


